Soins de Suite et de Réadaptation
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Unité mobile SSR adultes - Coordination Adultes des Soins de Suite et Réadaptation - Territoire Ouest (page mise à jour le 16/11/2017)


Soins de Suite et de Réadaptation

Les services de Soins de Suite et de Réadaptation :
Mieux comprendre leur rôle

On assiste aujourd'hui à une difficulté qui va croissante dans les hôpitaux et qui est particulièrement visible au niveau des services d'urgence : trop de patients y séjournent, alors même que les techniques diagnostiques et thérapeutiques sont plus performantes, de meilleure qualité et plus rapidement efficaces.

Le problèmes de la sortie de l'hôpital se pose avec une insistance accrue du fait du vieillissement de la population accueillie. Le rôle des structures de Soins de Suite et de Réadaptation s'en trouve d'autant majoré. Cependant il mérite probablement d'être mieux compris.

Les unités de coordination en Soins de Suite et de Réadaptation en Rhône-Alpes ont rédigé en janvier 2004 un texte sur la Réadaptation, qui sera certainement utile à tous ceux qui s'intéressent à l'amélioration du dispositif SSR. De fait, ce texte vise surtout à revaloriser le rôle des services de soins de suite, en rappelant qu'ils s'intègrent parfaitement dans le dispositif du SSR, à condition qu'ils définissent clairement leur mission dans le cadre de la réinsertion des patients et qu'ils disposent de l'organisation et des moyens le permettant.

Pour les non spécialistes, en effet, il existe d'une part la rééducation fonctionnelle (plus récemment qualifiée de médecine physique de réadaptation) qui bénéficie d'une image à priori favorable de compétence et de technicité spécifiques, et d'autre part les soins de suite qui apparaissent comme un conglomérat d'activités plus ou moins différenciées, nécessitant des compétences et des techniques non particulières.

Il est bon de rappeler qu'en fait, c'est l'ensemble des structures de SSR qui doivent être comprises comme un élément souvent indispensable dans la trajectoire d'un patient hospitalisé, entre l'hospitalisation dite de court-séjour et le retour au domicile avec des soins ambulatoires. Le point commun de ces structures de SSR est détaillé dans ce texte, c'est le concept de réadaptation au sens le plus large. Ce point commun est plus important à connaître que les distinctions entre MPR et SSMéd, spécialisés ou non, régionaux ou de proximité.

Pour un nombre relativement élevé de patients, surtout les plus âgés (dont le nombre est en augmentation), la sortie du court-séjour est techniquement possible avec relai par des soins ambulatoires mais elle est retardée parceque ces patients ne sont plus en état de vivre dans leur environnement habituel sans une préparation spécialement orientée vers cet objectif. Les professionnels des SSR utilisent le terme de "situation de handicap" pour décrire cette interaction entre les possibilités restantes et plus ou moins récupérables d'un patient et les possibilités et limites de son environnement.
Le travail de ces professionnels est de préciser les déficiences, incapacités et situations de handicap pour chacun de ses patients, afin de pouvoir énoncer des objectifs de prise en charge correspondants.
Les distinctions entre MPR et SSMed, entre SSR spécialisés ou non, concernent la technicité de certaines rééducations et compétences médicales (exemple médullolésés), mais tous les professionnels exerçant en SSR utilisent les mêmes concepts et ont pour objectif commun la réinsertion à domicile (ou équivalent).

Le texte apporte des précisions sur le rôle de plus en plus fréquent des infirmières dans cette réadaptation, et rappelle utilement pour les non spécialistes les compétences des ergothérapeutes et des assistants de service social, personnages clés de la réinsertion à domicile à partir d'une structure de SSR.
On pourrait ajouter que c'est dès l'entrée de tout patient en court séjour que les professionnels y exerçant, toutes disciplines et catégories confondues, devraient s'intéresser aux conditions favorisant la réinsertion à son domicile.
A la démarche diagnostique et thérapeutique au sens classique, devrait automatiquement s'ajouter cette démarche visant à la réadaptation du patient. Ainsi par exemple le lever précoce chez un patient âgé, alors que le bilan diagnostic n'est pas forcément terminé et que les soins actifs sont encore en période d'adaptation: il ne s'agit pas seulement de prévenir les complications du décubitus qui pourraient survenir, mais également de permettre une reprise rapide de son aptitude aux changements de position et à la déambulation, un retour de sa confiance en soi et de son autonomie psychologique.

Le texte attire l'attention des autorités de tutelle sur les risques liés à des moyens insuffisants dans les services de soins de suite, entraînant des prolongations de séjours, voire une dégradation des capacités de reprise d'une certaine autonomie notamment chez les patients les plus âgés, ce qui évidemment n'est pas le but recherché.

Enfin, il est proposé d'organiser les prestations des professionnels intervenant en SSR au sein de réseaux de réadaptation, que les coordinations SSR devraient mettre en place et accompagner. Il sera certainement nécessaire, dans le volet SSR du futur Sros 2005-2010, de considérer comme prioritaire le rapprochement entre les services de court-séjour et de SSR dans des filières organisées, avec des contrats de collaboration entre les établissements de santé. Une étape importante, pour les responsables du court-séjour, est de bien comprendre la conception générale du travail en SSR. Le texte cité y contribuera très certainement.

Dr Francis Fauconnier, DRSM
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