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Prévoir le Risque Rénal Absolu de dialyse (ou décès avant)
dans la Néphropathie à IgA primaire (NIGA) « A partir d’une cohorte prospective de patients avec NIGA, recrutés de 1990 à 1999, nous avons établi au moment du diagnostic initial (par biopsie rénale) le Risque Rénal Absolu (RRA) à partir de trois facteurs de risque simplifiés. Qu’est-ce que la Néphropathie à IgA (NIGA) ?
La Néphropathie à IgA (NIGA), encore appelée Maladie de Berger, a été décrite pour la première fois en France par Jean Berger en 1967. C’est la plus fréquente des glomérulonéphrites, maladies inflammatoires rénales touchant les unités de filtration (glomérules) des 2 reins. Le nombre de nouveaux patients touchés par an en France est d’environ 1800 (incidence de 30 par million de population, pmp) ; le nombre total de patients avec cette maladie est de l’ordre de 60 000 (prévalence de 1000 pmp). Un nouveau concept :
le Risque Rénal Absolu (RAA) de Dialyse ou Décès (avant dialyse) Dans cette publication, nous rapportons notre expérience (sur plus de 3 décennies) de cette maladie avec la constitution d’une grande cohorte locale diagnostiquée à Saint-Etienne (NIGA-STET-CO). Nous avons développé un nouveau concept, le Risque Rénal Absolu (RAA) de Dialyse ou Décès (avant dialyse), établi au moment du diagnostic initial et qui permet d’anticiper/ prédire le pronostic final jusqu’à 20 ans après le début de la maladie, en sachant que le délai moyen entre le début des premiers signes et le diagnostic était de 6 ans. Ce RAA est basé sur trois facteurs de risque consensuels dans cette maladie : l’existence d’une proteinurie importante (supérieure à 1 g/jour), l’existence d’une hypertension artérielle (HTA), et l’existence de lésions sévères sur la biopsie rénale avec un score optique global (SOG) de 8 et plus sur une échelle de 0 à 20 et selon une classification personnelle, que nous avions publiée dès 1989. Selon le nombre de ces facteurs de risque présents au moment de la biopsie (0, 1, 2 ou 3), le RAA sera de 0 ou 1 ou 2 ou 3. Les patients avec un RRA de 0, 1, 2 ou 3 ont respectivement un risque cumulé de 5%, 10%, 20% ou 60% d’aboutir en Dialyse (ou décès) dans l’intervalle du diagnostic jusqu’à 20 ans après le début de la maladie (ou jusqu’à 14 ans après le diagnostic), et cela malgré un traitement adapté. Ce RAA intègre aussi l’âge au moment du diagnostic (plus de progression chez le sujet plus âgé), le genre (plus de progression chez l’homme que chez la femme), et le surpoids/obésité (plus de progression chez le sujet en surpoids ou obèse par rapport à un poids normal).Adapter la prise en charge et réduire le nombre de dialyses
Ce RAA permet au moment du diagnostic d’informer le patient avec NIGA de son pronostic personnel à priori avec le risque de Dialyse ultérieure: « très faible » si RRA=0 ; « faible » si RRA=1 ; « élevé » si RRA=2 ; et « très élevé » si RRA=3. Message particulier pour les patients pris en charge au CHU de Saint-Etienne
Nous remercions tous les patients que nous avons pu suivre régulièrement sur le long terme. Nous demandons aux patients avec maladie de Berger et que nous n’avons pas revu depuis des années parfois des décennies, de reprendre contact avec nous pour faire le point de leur maladie rénale, au cours d’une simple consultation. Ceci permettra d’améliorer encore nos connaissances sur cette maladie, qui pourraient leur être encore bénéfiques ainsi qu’aux futurs patients. |
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